Tibet, le « grand jeu » et la CIA
lundi 31 mars
Par Richard M Bennett, Asia Times – 26 mars 2008
Quand on replace l’agitation qui secoue le Tibet dans son contexte historique, on peut imaginer pourquoi Pékin a été pris de court lors les récentes manifestations ; c’est pour la simple raison que ces manifestations ont été préparées hors du Tibet et que la direction du mouvement est aux mains d’organisateurs anti-chinois, qui se trouvent hors de portée de la Chine, au Népal et en Inde du Nord.
De même, on doit associer le financement et le contrôle global de cette agitation au chef spirituel tibétain, le Dalaï Lama, et du fait de l’étroite coopération de celui-ci avec les États-Unis depuis plus de 50 ans, à la Central Intelligence Agency (CIA).
Etant donnée la profonde implication de la CIA dans le Free Tibet Movement et le financement de Radio Free Asia à l’information douteuse, il semble peu probable qu’une révolte puisse avoir été organisée ou s’être produite sans que le National Clandestine Service (anciennement connu sous le nom de Direction des Opérations), qui se trouve au siège de la CIA, à Langley, en ait été informé ou ait donné son accord.
Chroniqueur respecté et ancien haut fonctionnaire du renseignement indien, B Raman, a indiqué le 21 mars que « sur la base des preuves disponibles, il est possible d’affirmer avec un taux de certitude raisonnable » que le premier soulèvement de Lhassa, le 14 mars « a été pré-planifié et bien orchestré ».
Y a-t-il une base factuelle à l’hypothèse que les principaux bénéficiaires de la mort et la destruction radicale du Tibet sont à Washington ? L’histoire en suggère la possibilité.
La CIA procède à des actions secrètes à grande échelle contre la Chine communiste au Tibet depuis 1956. Cela a conduit en 1959 à un soulèvement qui a produit un désastre sanglant, des dizaines de milliers de morts Tibétains, et la fuite par les cols himalayens du Dalaï Lama et d’environ 100 000 fidèles vers l’Inde et le Népal.
La CIA avait établi un camp d’entraînement militaire secret pour les combattants de la résistance du Dalaï Lama au camp de Hale, près de Leadville, dans le Colorado, aux États-Unis. Les guérilleros tibétains y ont été formés et équipés par la CIA pour la guérilla et les opérations de sabotage contre les communistes chinois.
Les guérilleros entraînés aux Etats-Unis ont régulièrement effectué des raids au Tibet, lors d’opérations dirigées par des mercenaires sous contrat de la CIA, et appuyés par des avions de la CIA. Le programme de formation initiale prit fin en décembre 1961, bien que le camp du Colorado semble être resté ouvert au moins jusqu’en 1966.
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