Concentration de forces navales dans la région du Golfe Persique

avril 3, 2008

Concentration de forces navales dans la région du Golfe Persique

-  USS Harry S. Truman (CVN 75) (Porte Avion)
-  USS San Jacinto (CG 56) – 6th Fleet
-  USS Hue City (CG 66)
-  USS Carney (DDG 64)
-  USS Oscar Austin (DDG 79)
-  USS Winston S. Churchill (DDG 81)
-  HMS Manchester (D95)
-  HMCS Charlottetown (FFH 339)
-  USNS Arctic (T-AOE 8)
-  USS Montpelier (SSN 765)

Tarawa Expeditionary Strike Group

-  USS Tarawa (LHA 1) (Porte Avion + Forces de débarquement)
-  USS Cleveland (LPD 7)
-  USS Germantown (LSD 42)
-  USS Port Royal (CG 73)
-  USS Hopper (DDG 70)
-  USS Ingraham (FFG 61)

Orion 08 Strike Group

-  HMS Illustrious (R06) (Porte Avion UK)
-  HMS Edinburgh (D97)
-  HMS Westminster (F237)
-  HMS Trafalgar (S107)
-  HMS Atherstone (M38)
-  HMS Chiddingfold (M37)
-  USS Cole (DDG 67)
-  FS Jean Bart (D615)(*)
-  FS Surcouf (F 711)(*)
-  SPS Mendez Nunez (F104)

In Theater

Ocean 6
-  FGS Emden (F 210)
-  HNLMS Evertsen (F 805)
-  HDMS Thetis (F357)
-  ITS Commandante Borsini (P491)
-  FS Guepratte (F714) (*)
-  FS Commandant Bouan (F797)(*)
-  USS Whidbey Island (LSD 41)
-  HMS Campbeltown (F86)
-  HMS Montrose (F236)
-  HMAS Arunta (FFH 151)
-  USS Scout (MCM 8)
-  USS Gladiator (MCM 11)
-  USS Ardent (MCM 12)
-  USS Dexterous (MCM 13)
-  HMS Ramsay (M 110)
-  HMS Blyth (M 111)

(*) Navires français

Le porte avion Lincoln en route vers le Golfe

Families are saying goodbye to 3,600 crewmembers of the aircraft carrier Lincoln as it prepares to leave Everett. The departure Thursday is the start of a seven-month deployment to support the war effort in Iraq and Afghanistan. Two other Everett-based ships, the guided-missile destroyers USS Momsen and Shoup, are part of the Lincoln’s strike group. The first stop is San Diego where the Lincoln will pick up warplanes and another 1,500 crew members. Then it heads for the Persian Gulf.


L’eau, prochain enjeu de guerre

avril 3, 2008

Bataille planétaire pour l’« or bleu »

Depuis le début des années 70, le monde a subi divers « chocs » pétroliers. Le prochain siècle pourrait malheureusement connaître des conflits géopolitiques et commerciaux de plus grande envergure encore, car liés à la maîtrise d’une ressource indispensable à la vie, non substituable et, qui plus est, existant en quantité fixe : l’eau. L’explosion incontrôlée de la demande de l’industrie, de l’agriculture, du tourisme et des ménages des pays riches a conduit à la pollution de certaines nappes phréatiques et à de formidables gaspillages annonciateurs de sévères pénuries. Celles-ci sont déjà le lot quotidien de plus de 1,4 milliard d’humains privés d’accès à l’eau potable. Qui sera l’arbitre entre les besoins de l’ensemble des habitants de la planète et des intérêts particuliers ? Le marché, accélérateur des inégalités, ne saurait jouer ce rôle. Le temps est désormais compté pour une autre approche – coopérative et internationale – de la gestion de ce qui doit rester ou redevenir un bien commun de l’humanité.

Par Mohamed Larbi Bouguerra

« SI des mesures ne sont pas immédiatement prises, la situation s’aggravera à l’avenir (1) », conclut un document d’évaluation présenté en juin 1997, lors de l’Assemblée générale des Nations unies consacrée aux réserves d’eau douce de la planète. Ce texte rappelait que « les schémas actuels de développement et d’utilisation des ressources en eau sont, pour la plupart, non soutenables ». L’eau est un problème posé à l’échelle du globe, et dont la résolution commande le devenir des sociétés : sans elle, pas de développement.

Sans céder au catastrophisme, il faut pourtant constater que les ressources se raréfient en maintes régions, que le niveau des réserves baisse, que la pollution est largement répandue et que la désertification avance. Ces phénomènes ne suscitent pas le même sentiment d’urgence que les changements climatiques, la déforestation ou la couche d’ozone. Le manque d’eau a pourtant un coût humain exorbitant : malnutrition, maladies hydriques, exode rural, charges accrues pour les femmes… L’eau est une ressource finie, inégalement répartie dans le temps et l’espace. Elle est renouvelable ( via le cycle de l’eau, soit 1 385 985 km3), mais ses réserves ne sont pas pour autant illimitées : « Les experts prédisent que toutes les eaux de surface seront consommées d’ici 2100, et que toute l’eau disponible dans le cycle de l’eau de la Terre sera entièrement épuisée d’ici 2230 (2) . »

En fait, l’eau douce ne représente que 3 % des eaux du globe. Si on exclut celle immobilisée dans les glaciers, les calottes polaires et les aquifères profonds, il reste à la disposition de tous les êtres vivants le 1 % des eaux douces accessibles des lacs, de l’atmosphère, des fleuves et des rivières. Mais 60 % des terres émergées sont en état de pénurie ; un homme sur cinq est privé d’eau potable saine, et la moitié de l’humanité ne dispose pas d’un réseau d’assainissement adéquat (3). Les pays d’Afrique du Nord et du Proche-Orient, avec moins de 2000 m3 par habitant et par an, vivent dans des conditions de « stress hydrique » qui handicapent leur vie économique et sociale. Une ressource gaspillée

SI la population du globe a été multipliée par trois au cours de ce siècle, la demande en eau, elle, a été multipliée par sept et la surface des terres irriguées par six. De plus, au cours des cinquante dernières années, la pollution des aquifères a réduit les réserves hydriques du tiers. Les ressources disponibles pourraient cependant être utilisées beaucoup plus efficacement par réduction de la contamination et de l’évaporation dans les réservoirs, par le recyclage, l’entretien des réseaux, la lutte contre le gaspillage, la culture de variétés moins exigeantes en eau ou plus tolérantes au sel. Le dessalement de l’eau de mer n’est possible, pour le moment, que dans certains pays (où l’énergie est très bon marché) et ce procédé n’empêche pas la consommation d’eau d’atteindre des « niveaux alarmants » en Arabie saoudite et au Koweït, par exemple (4).

L’agriculture absorbe les deux tiers de la consommation mondiale d’eau, mais elle doit compter avec l’intense concurrence des villes, de l’industrie et du tourisme, particulièrement dans les pays du Sud. Les spécialistes pronostiquent qu’elle ne parviendra pas à conserver, au XXIe siècle, la part de la ressource qu’elle s’adjuge actuellement. Une spécialiste affirme que « la rareté croissante de l’eau douce est actuellement un obstacle majeur à la production alimentaire, à la santé des écosystèmes, à la stabilité sociale et à la paix entre les nations », et elle observe que « l’Egypte, la Libye, la Tunisie, l’Algérie et le Maroc – qui manquent d’eau – importent d’ores et déjà plus du tiers de leurs céréales (5). »

Pourtant, M. Hillel Shuval, de l’Université hébraïque de Jérusalem, discutant la notion de « sécurité alimentaire » dans le cas des pays arides comme ceux du Proche-Orient, pense que « ces Etats peuvent assurer leur besoin en eau et leur sécurité alimentaire en développant des économies- basées sur le commerce, le tourisme et l’industrie – susceptibles de leur faire gagner suffisamment d’argent pour importer de “l’eau virtuelle” bon marché disponible sur le marché mondial (6) » sous forme de céréales, de légumes, de viande, de lait…

L’eau peut aussi être source de conflits. Israël et ses voisins arabes sont toujours aux prises à cause des eaux du Jourdain, du Litani et du château d’eau du Golan. L’accord de Taba (dit aussi Oslo II), signé à Washington le 28 septembre 1995 entre l’Autorité palestinienne et l’Etat hébreu, officialise le partage léonin des aquifères de Cisjordanie : 82 % aux Israéliens et 18 % seulement aux Palestiniens. Rien n’est définitivement réglé pour ce qui est des eaux du Nil, du Tigre et de l’Euphrate.

Le plus grand réseau d’irrigation du monde se trouve au Pakistan et dépend de l’Indus, dont le bassin se situe en partie en Inde. Les gigantesques projets hydrauliques asiatiques des Trois-Gorges ou du Xiaolangdi en Chine, et du Bakun à Sarawak (Malaisie), par exemple, suscitent de vifs débats quant à leur coût, leur opportunité, leurs conséquences humaines et écologiques. Les Etats fédérés, aux Etats-Unis et en Inde, s’opposent sur la répartition des ressources en eau. En Europe, les travaux réalisés sur le Danube obligent la Hongrie et la Slovaquie à redessiner leur frontière matérialisée par le fleuve ; quant à leur différend relatif à la centrale de Gabcikovo, il a été soumis au Tribunal international de La Haye (7).

Les affrontements ne sont pas pour autant inévitables. Ainsi, les pays de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) discutent du partage des eaux du Zambèze et de l’Orange. De leur côté, l’Inde et le Bangladesh ont mis un terme à leur différend, vieux de vingt ans, portant sur le Gange, mais des dégâts irréversibles ont été infligés à l’écosystème des mangroves. L’eau que le Lesotho vend à l’Afrique du Sud permet de financer l’école primaire pour tous les enfants du petit royaume (8).

Pour affronter la complexité et la gravité des problèmes posés par la pénurie d’eau, certains ont une réponse toute prête : le marché (9). D’autant que les perspectives d’investissement dans ce domaine sont de l’ordre de 600 à 800 milliards de dollars pour la prochaine décennie (10). Elément vital, chargé de symboles, de culture et de spiritualité, l’eau peut-elle être traitée comme une marchandise banale ? Pour M. Federico Mayor, directeur général de l’Unesco, « cette ressource rare, essentielle pour la vie, doit être considérée comme un trésor naturel faisant partie de l’héritage commun de l’humanité (11) ». Tel n’est pourtant pas le discours des auteurs du rapport d’évaluation des eaux douces du monde, présenté à l’ONU, qui écrivent : « Il faut une approche plus orientée vers le marché pour gérer les fournitures d’eau, et l’eau doit être une marchandise dont le prix est fixé par l’offre et la demande (12) ». Et, de fait, l’intérêt général est-il compatible avec le marché ?

Aux Etats-Unis, certains parlementaires font pression pour affranchir les petits et moyens réseaux de distribution du respect des normes légales en matière d’eau potable parce que « trop coûteuses ». Pourtant, en 1993 et en 1994, 53 millions d’Américains ont consommé de l’eau contaminée par le plomb, les pesticides et les produits chlorés volatils ; de même, 11,6 millions ont bu de l’eau contenant des coliformes fécaux – bacilles pathogènes – et 43 autres millions ont été exposés au cryptosporidium, micro-organisme qui a tué plus d’une centaine de personnes à Milwaukee en 1993 (13).

Cependant, à la fin de la session spéciale de l’ONU consacrée à l’eau, en juin 1997, le programme de mise en oeuvre de l’Agenda 21, adopté lors de la conférence de Rio en 1992, recommande que « l’évaluation économique de l’eau se fasse dans le contexte des implications sociales et économiques de la ressource », cette évaluation devant « refléter la satisfaction des besoins de base ».

Ce texte préconise, pour les pays développés, « la mise en oeuvre graduelle de politiques orientées vers le recouvrement du prix, une allocation équitable et efficace de l’eau… et la promotion de sa conservation ». Pour ce qui est des pays en développement, « quand ils atteignent un stade de développement approprié », leurs politiques – précise le programme – devraient promouvoir « la gestion harmonieuse et le développement de ressources rares en eau », générant « des ressources financières à investir dans les équipements nouveaux de fourniture et de traitement de l’eau (14). »

Les enjeux financiers sont tellement considérables (lire page 24 l’article de Daniel Baudru et Bernard Maris) que la tentation est forte de faire passer au second plan les préoccupations de santé publique. C’est pourquoi, selon l’Organisation syndicale internationale des services publics (ISP), « qu’ils soient publics, privés ou mixtes, les services de l’eau doivent être obligés de fournir ce bien et d’appliquer des tarifs acceptables socialement. La meilleure solution est de confier leur mise en place et leur exploitation aux pouvoirs publics », tant il est vrai que « la concurrence illimitée dans le domaine de la fourniture et du traitement de l’eau va à l’encontre de l’intérêt public (15). » Le marché ou l’éthique ?

IL faut cependant admettre que l’absence de vigilance sur le « juste prix » du précieux et irremplaçable liquide conduit au gaspillage, exacerbe les problèmes d’assainissement et provoque la dégradation des sols par hydromorphisme et salinisation… On peut cependant douter que la seule logique du marché, qui vise rarement ceux qui ont les moyens de gaspiller et frappe de manière disproportionnée les plus démunis, soit en mesure de changer les pratiques et les usages. De plus, le libre-échangisme ne contribue pas à une bonne gestion de l’eau, comme l’a montré, s’appuyant sur les cas du Japon et du Mexique notamment, M. Asit K. Biswas, de l’Université autonome de Mexico, lors du IXe congrès mondial de l’eau, tenu à Montréal en septembre 1997. L’ouverture du marché du riz au Japon, imposée par les accords du GATT en 1993, a mis à la retraite bon nombre de riziculteurs, leur produit étant trop cher comparé à celui de leurs homologues thaïlandais ou chinois. Cette mise en jachère forcée des rizières a provoqué, au grand dam des riverains, des inondations destructrices. Pareillement, l’Accord de libre-échange nord-américain (Alena) rend compétitifs, sur les marchés des Etats-Unis et du Canada, les fruits et légumes mexicains, gros consommateurs d’eau dans un pays qui en manque, ce qui provoque de graves tensions sociales.

Si l’on veut assurer la durabilité de la ressource sur le long terme, il faut lever la confusion entre valeur et prix de l’eau, et promouvoir « une éthique de l’eau » (16). M. Federico Mayor parle, quant à lui, d’« une nouvelle éthique de l’eau » fondée sur la solidarité et la subsidiarité active – les décisions étant prises au plus bas niveau possible – privilégiant une approche de coopération étendue, donnant la parole à tous les acteurs (17) – et notamment aux femmes -, et attentive aux technologies appropriées et aux savoirs locaux.

Un habitant des Etats-Unis utilise 900 litres d’eau par jour, mais un Africain doit se contenter de 30 litres. Un Israélien consomme quatre fois plus qu’un Palestinien. Le gouvernement de l’Afrique du Sud s’est fixé comme première priorité la fourniture d’au moins 25 litres d’eau par jour (pour la boisson et l’hygiène) à chacun de ses citoyens, en abordant la question sous l’angle de la dignité et de l’équité. Déjà, en 1977, la conférence des Nations unies de Mar del Plata proclamait : « Tout le monde a le droit d’accéder à l’eau potable en quantité et en qualité égales pour ses besoins essentiels. » La ville de Djakarta, en Indonésie, dépense chaque année l’équivalent de 1 % de son produit intérieur brut (PIB) pour faire bouillir une eau peu sûre. La hausse du prix du pétrole à usage domestique à Lima (Pérou), en 1990, est une des principales causes de l’épidémie de choléra qui s’est par la suite propagée dans le reste de l’Amérique du Sud, les populations des quartiers défavorisées n’ayant plus les moyens de faire bouillir l’eau qu’elles consommaient.

Les problèmes de l’eau ne sauraient être traités isolément : ils doivent être intégrés dans les schémas de développement économiques et sociaux, afin d’assurer les besoins humains fondamentaux et de préserver les écosystèmes.

On ne peut consacrer près de la moitié des céréales à la production de viande et de poulet et, en même temps, gérer sagement les quantités finies d’eau dont dispose la nature. Ce qui est en jeu, c’est la sécurité alimentaire, la santé des populations, la paix et la stabilité du monde. Ce n’est donc nullement l’affaire des seuls techniciens. C’est pourquoi M. Kader Asmal, ministre sud- africain en charge des problèmes de l’eau, exprimait une opinion de bon sens lorsqu’il déclarait récemment : « Nous avons besoin d’un multilatéralisme actif et démocratique (18). » L’ONU, au terme de sa session spéciale consacrée à l’eau en juin 1997, recommande que l’on accorde « la priorité absolue aux graves problèmes d’eau douce auxquels sont confrontées de nombreuses régions du monde ». Elle incite à favoriser les transferts de technologie de l’eau sur les plans régional et international, à aider les pays du Sud à adopter « des modes de production agricole et industrielle plus évolués et plus économes en eau ». Enfin, « considérant le besoin urgent pour l’action… et les résultats tangibles dans le domaine de l’eau douce », l’Organisation appelle les gouvernements, sous l’égide de sa commission du développement durable, « à initier une approche stratégique pour la mise en oeuvre de tous les aspects de l’usage durable de l’eau douce pour des buts sociaux et économiques ». Elle note toutefois que « ce processus intergouvernemental ne portera pleinement ses fruits que si la communauté internationale lui alloue des ressources financières nouvelles et additionnelles (19). »

Mohamed Larbi Bouguerra.

Eau, Écologie

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Mohamed Larbi Bouguerra

Universitaire, auteur, notamment, de La Pollution invisible, PUF, Paris, 1997.

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(1) Rapport du secrétaire général des Nations unies, Evaluation générale des ressources en eau douce du monde, commission pour le développement durable, 5e session, 5-25 avril 1997, New York.

(2) Zhang Qishan et Zang Xiao, « Water issues and sustainable social development in China », Water International IWRA, vol. 20, No 3, 1995. Cité par Ted Vandeloo in Actes de la conférence organisée par le programme mobilisateur « Eau » de l’Alliance pour un monde responsable et solidaire à Penang (Malaisie), janvier 1997.

(3) Programme pour la mise en oeuvre de l’Agenda 21, adopté par la 19e session spéciale de l’Assemblée générale, Nations unies, New York, 1er juillet 1997.

(4) Abdulaziz S. Al-Turbak « Meeting future water shortages in Saudi Arabia » et E. A. Al-Obaid et M. N. Al Senafy, « Water consumption in Gulf countries : Myth or reality ? », Actes, IXe Congrès mondial de l’eau, Montréal, 1-6 septembre 1997.

(5) Sandra Postel, « Dividing waters : food security, ecosystem health and the new politics of scarcity » Worldwatch Paper 132, Washington, septembre 1996.

(6) Hillel Shuval, « Concepts of water security, food security and water stress for arid countries », Actes, IXe Congrès mondial de l’eau, Montréal, 1-6 septembre 1997.

(7) Christine Spolar « Danube divides Slovakia and Hungary in new way », International Herald Tribune, 25 septembre 1997.

(8) « Tap in the Attic », The Economist, Londres, 20 juin 1992.

(9) En octobre 1997, l’homme d’affaires québécois Jean Coutu a annoncé que son pays pourrait tirer d’immenses profits en exportant son eau potable. Lire Claude Picher, « Mahmoud Abou-Zeïd et l’eau miraculeuse », Le Devoir, Montréal, 4 septembre 1997.

(10) Leyla Boulton, « Developing world needs help from water companies », Financial Times, Londres, 17 avril 1997.

(11) Federico Mayor, « Water and civilization », in Actes du Premier Forum mondial de l’eau, Elsevier science, Oxford, 1997.

(12) Paul Lewis, « UN report warns of problems over dwindling water supplies », The New York Times, 20 janvier 1997.

(13) Melissa Healy, « Studies point up contamination of drinking water », Los Angeles Times, 2 juin 1995.

(14) Cf. note 3.

(15) Programme de l’ISP pour l’eau, 1993/1, Internationale des services publics, Ferney-Voltaire, 1997.

(16) Vandana Shiva, « Values beyond price », Our Planet, Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue), Genève, vol. 8, no 2.

(17) Les lois sur l’eau de 1964 et de 1992 ont institué, en France, une certaine forme de contrôle démocratique puisque, dans chacun des six grands bassins, élus, usagers, représentants de l’administration et industriels… se concertent. Une directive de l’Union européenne devrait élargir ce mode de concertation à toute l’Europe.

(18) Kader Asmal, discours inaugural, Global Water Partnership, Stockholm, 9 août 1997.

(19) Cf. note 3.

Édition imprimée — novembre 1997 — Page 24


RealPolitik Occidentale, vers moins de démocratie ?

avril 3, 2008

Quelles sont exactement les règles qui président au droit à la séparation et, plus généralement, à ce qu’on appelle l’autodétermination des peuples ? Certains nous disent s’y perdre un peu. Et en effet, à en croire les grands médias occidentaux :

En Asie, les Tibétains y ont droit. Mais pas les Irakiens, ni les Afghans.
Au Moyen-Orient, les Israéliens y ont droit. Mais pas les Palestiniens, ni les Kurdes.
En Afrique, les généraux mafieux de l’Est du Congo y ont droit. Mais pas le Sahara occidental.
En Amérique Latine, les riches provinces (de droite) de Bolivie et du Venezuela y ont droit. Mais pas les Indiens du Chili, du Mexique, etc…
Dans les Balkans, les Albanais du Kosovo y ont droit. Mais pas les Serbes du Kosovo, ni ceux de Bosnie.
En Europe occidentale, les Flamands y auraient droit, mais pas les Irlandais du Nord, ni les Basques.
Compliqué, en effet. Si on simplifiait tout ça ? N’auraient droit à l’autodétermination que ceux qui sont « avec nous ». Pas les autres.
Et tant qu’on y est, remplaçons aussi le mot “démocrate” par “avec nous” et le mot “terroriste”par “contre nous”.
Voilà, la politique, c’est simple quand on veut 


Tibet, le « grand jeu »

avril 3, 2008

Tibet, le « grand jeu » et la CIA

lundi 31 mars


Par Richard M Bennett, Asia Times – 26 mars 2008

Quand on replace l’agitation qui secoue le Tibet dans son contexte historique, on peut imaginer pourquoi Pékin a été pris de court lors les récentes manifestations ; c’est pour la simple raison que ces manifestations ont été préparées hors du Tibet et que la direction du mouvement est aux mains d’organisateurs anti-chinois, qui se trouvent hors de portée de la Chine, au Népal et en Inde du Nord.

De même, on doit associer le financement et le contrôle global de cette agitation au chef spirituel tibétain, le Dalaï Lama, et du fait de l’étroite coopération de celui-ci avec les États-Unis depuis plus de 50 ans, à la Central Intelligence Agency (CIA).

Etant donnée la profonde implication de la CIA dans le Free Tibet Movement et le financement de Radio Free Asia à l’information douteuse, il semble peu probable qu’une révolte puisse avoir été organisée ou s’être produite sans que le National Clandestine Service (anciennement connu sous le nom de Direction des Opérations), qui se trouve au siège de la CIA, à Langley, en ait été informé ou ait donné son accord.

Chroniqueur respecté et ancien haut fonctionnaire du renseignement indien, B Raman, a indiqué le 21 mars que « sur la base des preuves disponibles, il est possible d’affirmer avec un taux de certitude raisonnable » que le premier soulèvement de Lhassa, le 14 mars « a été pré-planifié et bien orchestré ».

Y a-t-il une base factuelle à l’hypothèse que les principaux bénéficiaires de la mort et la destruction radicale du Tibet sont à Washington ? L’histoire en suggère la possibilité.

La CIA procède à des actions secrètes à grande échelle contre la Chine communiste au Tibet depuis 1956. Cela a conduit en 1959 à un soulèvement qui a produit un désastre sanglant, des dizaines de milliers de morts Tibétains, et la fuite par les cols himalayens du Dalaï Lama et d’environ 100 000 fidèles vers l’Inde et le Népal.

La CIA avait établi un camp d’entraînement militaire secret pour les combattants de la résistance du Dalaï Lama au camp de Hale, près de Leadville, dans le Colorado, aux États-Unis. Les guérilleros tibétains y ont été formés et équipés par la CIA pour la guérilla et les opérations de sabotage contre les communistes chinois.

Les guérilleros entraînés aux Etats-Unis ont régulièrement effectué des raids au Tibet, lors d’opérations dirigées par des mercenaires sous contrat de la CIA, et appuyés par des avions de la CIA. Le programme de formation initiale prit fin en décembre 1961, bien que le camp du Colorado semble être resté ouvert au moins jusqu’en 1966.

(…)

Opus Incertum


La hausse du prix du riz déstabilise l’Asie (traduction)

avril 3, 2008

Nota : Cet article est très important car il marque le tournant décisif pour les économies sans base agricole. Le choc va aller en
s’accroissant et nous allons assister au retour des famines avec une vague de destabilisation alimentaire de certains etats
faibles. Cette “guerre” va progressivement se déplacer vers d’autres ressoruces avant d’embraser le secteur de l’eau (Eh oui !
vous avez bien lu, l’eau !).

La hausse du prix du riz destabilise l’Asie (traduction)

29 mars 2008

Réactions en chaine. L’accroissement de la demande, les déséquilibres du commerce mondial, la baisse du dollar, sans oublier la spéculation – comme aux plus beaux jours de l’Ancien Régime – concourent au renchérissement des aliments de base. Après l’Afrique de l’Ouest, secouée par des émeutes, puis l’Egypte, voici l’Asie à son tour en proie à la violence et aux troubles. La « règle » du marché, loin d’attribuer à chacun sa juste part comme le prétendent ses zélateurs, amplifie et aiguise les tensions mondiales, au gré des déréglements de forces devenues incontrôlables et irrationnelles. Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage, prophétisait en son temps Jaures. Faudra-t-il revivre à nouveau une sanglante catharsis pour que cette leçon redevienne nôtre ?

par Keith Bradsher, New York Times, 29 mars 2008

La hausse des prix et une peur croissante de la disette ont amené certains des premiers producteurs mondiaux de riz à annoncer une limitation drastique de leurs exportations en la matière.

Le prix du riz, qui constitue un des composants de base du régime alimentaire de près de la moitié de la population mondiale, a presque doublé sur les marchés internationaux au cours des trois derniers mois. Le budget de millions de pauvres Asiatiques s’en est trouvé amputé d’autant tandis que grandissent les craintes de désordres civils.

Pénuries et hausses des prix de nombreux produits alimentaires ont généré ces derniers mois des tensions et mêmes des violences de par le monde. Depuis janvier, des milliers de soldats ont été déployés au Pakistan pour escorter les camions acheminant blé et farine. Des protestations ont éclaté en Indonésie du fait de la pénurie de pousses de soja, tandis que la Chine rétablissait le contrôle des prix de l’huile de cuisine, des céréales, de la viande, du lait et des œufs.

Des émeutes ont éclaté ces derniers mois, pour des raisons similaires, en Guinée, en Mauritanie, au Mexique, au Maroc, au Sénégal, en Ouzbékistan et au Yémen. Mais les décisions prises ces deux derniers jours par les nations exportatrices de riz – qui visent à garantir la satisfaction de leurs propres besoins grâce à leurs maigres disponibilités – ont mené les prix à de nouveaux sommets sur les marchés.

L’insécurité des nations importatrices s’en est trouvée renforcée, qui désespéraient déjà d’assurer leur approvisionnement. Mardi, le Président Philippin Gloria Macapagal Arroyo, craignant une aggravation de la pénurie de riz, a mission des enquêteurs gouvernementaux pour repérer les accapareurs.

Cette hausse du prix du riz promet d’accroître la pression sur les prix aux Etats-Unis, qui importent, selon l’Association des Producteurs de Riz des Etats-Unis, plus de 30 % du riz que les Américains consomment. L’an passé déjà, le prix du riz payé par le consommateur avait augmenté de plus de 8 %.

Mais les Etats-Unis ont la chance d’être également exportateurs de riz ; les pays pauvres comme la République du Sengal en Afrique de l’Ouest ou les Îles Salomon dans le Pacifique Sud dépendent lourdement des importations et doivent aujourd’hui composer avec des factures plus élevées.

Le gouvernement vietnamien a annoncé vendredi qu’il réduirait cette année ses exportations de riz de près d’un quart. Il espère qu’en conservant davantage de riz pour sa consommation intérieure, le pays limitera la hausse des prix. Le même jour, l’Inde a interdit l’exportation de toutes les qualités de riz, à l’exception des plus onéreuses. L’Egypte a annoncé jeudi un moratoire de six mois sur les exportations de riz à compter du 1er avril, et, mercredi le Cambodge a gelé les exportations de riz, à l’exception de celles intervenant dans le cadre de l’activité des agences gouvernementales.

Les gouvernements d’Asie et ceux de nombreux pays d’Afrique consommateurs de riz s’inquiètent de longue date du fait qu’une hausse substantielle des prix pourrait générer une réaction de colère chez les habitants des villes aux faibles revenus.

« Des troubles ne sont pas à exclure, spécialement parce que les populations les plus affectées sont pauvres, urbaines et regroupées, et qu’ils peuvent plus facilement s’organiser que ne pourraient le faire par exemple des fermiers pour protester contre des prix trop bas, » affirmait Nicholas W. Minot, chargé de recherche senior à l’Institut de Recherche en Politiques Alimentaires Internationales de Washington.

Différents facteurs contribuent à alimenter la hausse rapide des prix du riz. L’élévation du niveau de vie en Inde et en Chine s’est accompagnée d’une hausse de la demande. Dans le même temps, la sécheresse et d’autres problèmes climatiques ont réduit la production en Australie et ailleurs. De nombreux fermiers se tournent vers des productions plus rentables et réduisent les superficies agricoles affectées à la production de céréales. Urbanisation et industrialisation ont enfin réduit la quantité de terre consacrée à la riziculture.

Au Vietnam, un obscur virus a arrêté, depuis trois ans, la croissance jusque là continue des niveaux de production de riz.

Selon Sushil Pandey, économiste agronome à l’Institut International de Recherche sur le Riz de Manille, jusqu’à ces dernières années, les probabilités d’évolutions rapides des prix étaient neutralisées par la tendance de nombreux gouvernements à constituer de larges réserves de riz afin de garantir leur sécurité alimentaire.

Mais le maintien de ces stocks engendrait un coût. Les gouvernements les ont donc réduits au cours de la dernière décennie, alors que la consommation mondiale de riz tendait à dépasser la production.

Les quantités relativement faibles qui échangées par-delà les frontières, combinées à des réserves réduites, permettent aujourd’hui d’importantes variations des prix lors d’interruptions dans les approvisionnements.

Dans le même temps, les prix fixés sur le marché international du riz ont un impact de plus en plus sensible sur les prix pratiqués au sein des pays. Ceci s’est particulièrement vérifié à l’ère d’Internet et des téléphones mobiles, qui permet aux fermiers des régions les plus reculées de connaître les prix et d’apprécier la justesse de celui proposé par leurs propres acheteurs. Cette semaine, avant même que les gouvernements n’imposent ces restrictions, les compagnies de négoce des pays exportateurs étaient devenues réticentes à s’engager à de nouvelles livraisons et attendaient de constater le niveau jusqu’auquel les prix allaient monter. « Le marché ne manquait pas d’éléments ces dernières semaines pour décider d’un temps mort », explique Ben Savage, Directeur du Riz de la Jackson Son & Company, une firme londonienne de négoce en marchandises. La flambée des prix causent déjà des privations dans les pays en développement.

Sur un marché couvert délabré d’un vieux quartier de Hanoi, Cao Minh Huong, une vendeuse de poteries, affirme que la montée des prix alimentaires, spécialement de celui du riz, la contraignent à modifier ses habitudes. « Je dépense autant en nourriture, mais les quantités sont moindres ».

Au même titre que la hausse des prix d’autres produits alimentaires, comme le blé, le soja, le porc et l’huile de cuisson, celle du prix du riz alimentent également l’inflation dans les pays en développement. Le prix de vente au détail du riz a déjà progressé de 60 % ces derniers mois au Vietnam, en conséquence de la hausse des prix de gros, mais alimente l’inflation. Le Premier Ministre vietnamien Nguyen Tan Dung a annoncé mercredi que la première priorité du gouvernement était désormais de combattre l’inflation. Les prix à la consommation ont globalement progressé de 19 % par rapport à mars dernier. Le taux d’inflation a presque triplé au cours de l’année passée.

La plupart des pays fortement consommateurs de riz en produisent traditionnellement suffisamment pour satisfaire leurs propres besoins. Seuls 7 % de la production mondiale est échangée sur les marchés internationaux chaque année, selon les chiffres de la FAO.

Nguyen Van Bo, le président de l’Académie Vietnamienne des Sciences Agronomes, qui coordonne l’activité des instituts gouvernementaux de recherche agronomique, explique dans une interview que son gouvernement s’attend à ce que la hausse de la production se poursuive après 2010 malgré l’expansion rapide de l’urbanisation et de l’industrialisation au détriment de terres qui étaient jusqu’ici consacrées à la riziculture. Selon lui le gouvernement formera les fermiers à alterner la culture du maïs avec celle du riz afin de circonvenir les maladies comme le virus qui sévit actuellement.

Le Vietnam, l’Egypte et l’Inde ont tous trois limité leurs exportations de riz l’an passé, mais ces restrictions, bien moins drastiques, n’étaient intervenues que tardivement dans l’année, alors que de plus grandes quantités de riz avaient déjà été expédiées.

Le gouvernement thaïlandais, le premier exportateur de riz avant le Vietnam, n’a pas encore limité les quantités qu’il entend exporter. Mais un débat national y est mené sur le point de savoir si une telle décision ne serait pas opportune et, en pratique, selon Monsieur Savage, les exportateurs thaïlandais ont déjà cessé de signer des contrats de livraison.

Avant même que le Vietnam et l’Inde n’annoncent leurs décisions, les offres pour les qualités les plus courantes de riz thaïlandais de taille moyenne avait doublé cette année pour atteindre 735 $ la tonne. Le prix du riz Vietnamien de taille moyenne a presque doublé et atteint 700 $ la tonne. L’essentiel de cette augmentation est intervenue au cours des quatre dernières semaines. Les offres ont progressé de 50 $ vendredi.

Les gouvernements ont été réticents à encourager leurs fermiers à vendre leur riz à des prix bas, par crainte de les voir geler leurs stocks à des fins de spéculation ou de renoncer à en produire suffisamment. Vendredi, la Chine, virtuellement autosuffisante en riz, a relevé le prix minimum garanti aux fermiers pour le riz et le blé.


Tibet : Géopolitique de la Paille et de la Poutre

avril 3, 2008

Tibet : Géopolitique de la Paille et de la Poutre

29 mars 2008

« A chaque séjour à l’étranger, en dehors de ce que communément on appelle l’Occident, je suis frappé de voir combien nos discours et propagandes n’ont aucune prise. Aucune crédibilité, en dehors de son espace territorial. A part, évidemment, le cercle des castes locales protégées par les armes occidentales. » Georges Stanechy, professionnel du développement à l’international, déconstruit les prétentions de l’occident à s’ériger en donneur de leçons morales.

Par Georges Stanechy, 28 janvier 2007

En Amérique latine, en Asie, en Afrique, nos leçons sur la démocratie ou le respect des droits de l’homme, qu’affectionnent tant nos politiques et nos médias, ne sont pas prises au sérieux. « Double langage hypocrite » est le qualificatif le plus souvent employé, lorsqu’on veut rester poli avec nous. Vision totalement différente ? C’est, surtout, une évolution géopolitique, une véritable lame de fond en train de se lever face au « double standard » de l’Occident, pour reprendre l’expression couramment employée en anglais.

Une de mes plus fortes expériences, dans ce renversement de perspective, s’est produite lors d’un dîner avec des Chinois, de la République Populaire de Chine. J’avais sympathisé avec eux en travaillant sur des projets d’investissement (1). Cette soirée célébrait la fin de nos travaux.

A la fin du repas, la confiance et la sympathie étant partagées, je me suis hasardé à leur demander ce qu’ils pensaient des remarques sur le Tibet que leur adressaient régulièrement les délégations occidentales en visite chez eux. Pour réponse, j’ai eu droit à un grand éclat de rires de la part de mes interlocuteurs. Leur responsable hiérarchique, d’une culture et expérience internationale impressionnantes, m’expliqua :

· « … Le Tibet ? Nous avons sorti cette province, de la misère où l’avait plongé la théocratie d’un clergé bouddhiste dévoyé. Bouddha, c’est le spirituel pas le temporel : à l’opposé d’une religion d’Etat. Des siècles de misère, d’ignorance et de fatalisme. Nous y construisons des hôpitaux, des établissement d’enseignement, des routes, des stations d’épuration d’eau pour l’eau potable, un réseau électrique, un réseau d’assainissement pour les égouts, un réseau GSM, un réseau ferré qui est un des plus grands exploits techniques dans l’histoire du transport… Nous y apportons le développement et le bien-être.

Tout cela, vous n’en parlez jamais. Bien sûr, on ne rattrape pas des siècles de retard en quelques années. Mais, on va y arriver. Vos tentatives de déstabilisation avec ses faramineux budgets de propagande, qui soulageraient bien des misères de par le monde, ne nous impressionnent pas.

· Mais, les droits de l’homme, les droits à l’autodétermination, la liberté de vote

· Vous, occidentaux, vous tournez le dos à l’évolution du monde. Nous, nous construisons là où nous allons. Vous, quand vous n’êtes pas dans un rapport de forces à peu près égal, vous ne savez que détruire, asservir et piller. Vous vivez encore sur des idées du XVI° siècle, même si vous employez des techniques modernes…

· Mais, les pressions au sujet du Tibet…

· Regardez, au Moyen-Orient, par exemple : vous vous dites laïcs, et vous êtes en train d’imposer des théocraties en créant des Etats fondés sur l’appartenance religieuse et confessionnelle. Il faut être chrétien, juif, sunnite, shiite, druze, maronite, kurde, pour avoir une existence légale, un Etat. Bien sûr, c’est pour mieux les contrôler en les opposant, pour les piller. Plus vous morcelez et plus vous êtes tranquilles pour contrôler la région et pomper le pétrole ou le gaz.

· Mais, concernant le Tibet…

· Vous ne respectez rien : vous choisissez les dirigeants. Sans tenir compte du choix électoral des peuples. Vous renversez des gouvernements légitimes, protégez des dictatures, des criminels de guerre. Vous réduisez en cendres des pays : vous bombardez, rasez des villes, des villages, emprisonnez des milliers de gens, tuez, torturez… Et, en plus : vous financez, provoquez, encouragez des guerres civiles, comme vous l’avez fait en Chine pendant si longtemps.

Ce sont des centaines de milliers de morts et de blessés et des destructions incalculables, depuis que vous avez pris la succession de l’Empire Ottoman en 1918… Au minimum, 2 millions de morts. Un véritable génocide. Et, ce n’est pas encore fini. Vous voulez détruire l’Iran. Mais, comme la Chine, le Moyen-Orient sera un jour maître de son destin, sans avoir à subir la loi de l’Occident… A ce moment-là, il y aura une redistribution des cartes.

· Mais, les interventions à propos du Tibet…

· J’y viens… Il y a une différence fondamentale, entre les occidentaux et nous : quand on prétend nous donner une leçon, nous écoutons poliment, par courtoisie à l’égard de nos invités ou de nos hôtes. Nous avons le Temps avec nous. Vous, vous n’êtes capables d’écouter que votre arrogance. Et, çà l’Histoire en marche n’en a rien à faire. Vos « idées politiques » ne sont pas crédibles : vous faites le contraire de ce que vous déclarez.

Vous des démocrates ? Il n’y a pas pires prédateurs ! Pour le moment, vous n’avez que la technique et la force pour vous imposer. Personne ne croit le premier mot de vos leçons de démocratie. Un jour, dès le milieu de ce siècle, vous serez dépassés, marginalisés. Et, ce jour-là, vous commencerez à écouter et à regarder. Ce jour-là seulement, nous le savons. Voyez : vous nous avez pillé (2) pendant un siècle, pensant que cela allait durer éternellement. Et, puis…

Mais, nous savons faire la différence entre les dirigeants politiques de l’Occident, sans foi ni loi, et les peuples qui le composent, et qui sont anesthésiés de propagande. C’est pour çà, que nous buvons à la santé du peuple français et à ta santé, Georges !… »

Et, de partir dans un grand éclat de rire. Je me suis toujours demandé comment mes joyeux compagnons de soirée arrivaient à tenir un repas arrosé de cognac, du début jusqu’à la fin. Toujours aussi lucides, précis et donnant à réfléchir…

De sacrés bons vivants, nos amis Chinois. Mais, en plus, eux : ils voient loin

(1) Investissements chinois en dehors de la Chine, et même de l’Asie. (2) L’Occident s’est emparé des richesses de la Chine (notamment ses ports, son commerce extérieur et ses douanes) à la suite de la Guerre de l’Opium en 1842, et le traité de Nankin du 29 août, lui arrachant des concessions territoriales et des territoires (Hong Kong), suivi d’autres conflits et traités conduisant à un dépeçage massif. Les premiers pays à s’allier et mener des opérations militaires conjointes contre la Chine ont été : la Grande-Bretagne, la France, et les USA. Par la suite, pour se maintenir dans cet immense pays, divers chefs de guerres étaient soutenus financièrement pour poursuivre leurs guerres civiles. Jusqu’au bouleversement de la seconde guerre mondiale, en Asie, et la victoire de Mao.

Georges Stanechy travaille dans le domaine du conseil en gestion à l’international, de la création d’entreprises et du développement.